L’IA générative (comme ChatGPT ou DALL·E) fait déjà partie du quotidien des enfants, même si ces outils ne sont pas toujours conçus pour eux. Une étude menée au Royaume-Uni menée par The Alan Turing Institute cherche à savoir comment ces technologies influencent leur bien-être, leur créativité, leur apprentissage et leurs relations sociales.

L’un des premiers constats : l’IA générative fait déjà partie du quotidien d’une partie des enfants. Environ 1 enfant sur 4 entre 8 et 12 ans déclare en avoir utilisé, souvent à travers des outils comme ChatGPT, Gemini ou My AI sur Snapchat. Les enfants des écoles privées y ont accès beaucoup plus souvent que ceux des écoles publiques, ce qui creuse un écart entre eux.

Les usages sont variés : création d’images, recherche d’informations, divertissement… et les plus grands (12 ans) s’en servent aussi pour faire leurs devoirs. Chez les enfants ayant des besoins éducatifs particuliers, l’IA sert surtout à communiquer, s’exprimer et se sentir moins seuls. Les enfants ayant des difficultés d’apprentissage l’utilisent souvent pour s’exprimer, communiquer, ou se sentir moins seuls.

Du côté des adultes, l’ambiance est partagée. Les parents sont majoritairement positifs, mais ils s’inquiètent des risques de contenus inappropriés ou trompeurs. En revanche, la triche scolaire ne semble pas les alarmer autant. Les enseignants, eux, voient un gain de temps et d’efficacité grâce à l’IA dans leur propre travail. Mais ils s’inquiètent de son impact sur la créativité, l’engagement en classe et la diversité des idées des élèves. Une majorité a constaté que certains élèves rendent des devoirs générés entièrement par IA.

Lors d’ateliers créatifs organisés dans des écoles publiques en Écosse, les enfants ont montré une réelle capacité à réfléchir aux usages de l’IA. Beaucoup ont évoqué des inquiétudes environnementales : ils se demandent si utiliser l’IA vaut la peine, vu la consommation d’énergie et d’eau qu’elle implique. D’autres se méfient des contenus que l’IA peut produire, notamment quand il est difficile de savoir si une information est vraie ou fausse.

Ils aimeraient que l’IA soit utilisée pour aider les autres, notamment les enfants qui ont plus de difficultés à l’école. Mais ils notent aussi que les images générées par l’IA ne les représentent pas toujours, en particulier pour les enfants issus de minorités. Et malgré leur intérêt pour ces nouvelles technologies, beaucoup préfèrent encore dessiner ou bricoler « en vrai » quand on leur en donne la possibilité.

Les résultats quantitatifs et qualitatifs se complètent. Ils montrent que l’IA peut avoir des effets positifs, notamment pour les enfants en difficulté, mais qu’elle soulève aussi des risques importants. Les enfants ne sont pas naïfs : ils posent de bonnes questions, s’inquiètent de la fiabilité, de l’impact écologique ou du manque de diversité dans les contenus générés. Les différences sociales jouent un rôle fort : les enfants les plus favorisés y ont plus facilement accès, ce qui pourrait accentuer les inégalités éducatives.

Demain, l’IA

L’étude propose plusieurs recommandations concrètes :

  • Associer les enfants à la création et à la régulation des outils d’IA : ils ont des choses à dire !
  • Créer des IA plus sûres et adaptées à leur âge, sans contenus choquants.
  • Préserver la créativité « manuelle » (dessin, jeux, bricolages) aux côtés des outils numériques.
  • Apprendre à bien utiliser l’IA dès le plus jeune âge, en incluant aussi les questions d’éthique et d’environnement.
  • Combattre les biais pour que chaque enfant puisse se reconnaître dans les productions de l’IA.
  • Réduire les inégalités d’accès entre écoles privées et publiques.
  • Former les enseignants pour qu’ils utilisent l’IA de manière éclairée, avec des outils encadrés

Les enfants ne sont pas de simples usagers passifs de l’IA. Ils sont acteurs, curieux et critiques, et méritent d’être écoutés. Pour que l’IA soit vraiment utile à tous, il faut penser avec eux, pas seulement pour eux.