Un  FPS (“First Person Shooter” c’est-à-dire “jeu de tir en vue subjective”) est un jeu de tir en trois dimensions dans lequel le joueur voir l’action par les yeux du personnage joué. Le contexte militaire ou violence de ces jeux leur a valu une mauvaise réputation. Les FPS ont été associés à une inhibition des réponses émotionnelles suscitées par les images violentes, ce qui a conduit certains commentateurs à les décrire comme des “simulateurs de meurtres.”

Depuis les années 2000 un courant de recherches lancé par la neuropsychologue Daphné Bavelier à l’Université de Genève  a montré que les FPS étaient des occasions d’apprentissage. Plusieurs recherches menées par Bavelier et des collègues ont montré que la pratique des FPS améliorer tout le circuit du traitement visuel de l’information. Les joueurs de FPS ont une meilleur attention visuelle, ont de meilleures performances dans les tâches de poursuite visuelle et sont plus compétents dans la manipulation des images mentales. Bien sûr, il est possible que les personnes qui ont de bonnes capacités dans ce domaine ont préférentiellement dans les FPS est-ce qu’ils ont la plus grande chance dis avoir de bonnes performances.. Cela expliquerait pourquoi les garçons, qui ont habituellement de meilleures performances dans la manipulation des images mentales que des filles jouent plus fréquemment qu’elles aux FPS. Cependant, les travaux de Bavelier ont aussi montré que quelques dizaines d’heures d’entraînement aux FPS a un effet significatif sur la perception, l’attention et la cognition (Vikranth R. Bejja et al.). Il est donc possible de conclure que la pratique régulière des FPS affluent significativement et positivement dans ces trois domaines.

Les FPS ont aussi été associés à une meilleure littératie numérique. En effet, les joueurs de FPS peuvent s’investir dans le développement de ou la création de contenus comme des cartes de jeu ou des . Ce faisant ils développent des savoirs-faire qui leur sont utiles en dehors des jeux

Pour ceux qui aiment trouver dans la neurobiologie une validation, les FPS ont été associés a des changements dans le cerveau.  Après une série d’expériences, Wu et ses collègues montrent que jouer FPS modifient les processus neuronaux qui sont associés à l’attention visuelle.  Les effets positifs des jeux vidéo en général et des FPS a été soulignée par une revue de la littérature qui montre leurs effets positifs sur des compétences cognitives et émotionnelle (Palvacini et al., 2017) 

  • Des effets positifs facilement explicables

Tous ces résultats s’expliquent assez facilement. Jouer à un FPS, c’est gérer plusieurs flux d’information visuelles. Le joueur doit être attentif à ce qui se passe au centre de l’espace de jeu tout en ayant un œil sur le radar et le chat qui lui apportent des informations sur la position des alliés, des ennemis et des ressources. Il doit régulièrement décharger sa mémoire de travail des informations qui sont obsolètes et la charger avec de nouvelles informations. Les informations en mémoire de travail sont comparées à celles qui ont été stockées en mémoire à long terme ce qui facilite la navigation dans l’espace ainsi que la création et la mise à jour de schéma tactiques et stratégiques. La répétition de ces séquences de jeu conduit a la une amélioration des capacités cognitives régulièrement impliquées dans ces expériences. Ces apprentissages sont si significatifs que certains proposent d’utiliser les mécaniques des jeux vidéo dans la rééducation de différents troubles.

  • De nouvelles occasions de former et de soigner


L’amélioration des performances des gamers dans les domaines de l’attention, de la cognition et de la perception amène d’autres professionnels a penser que les jeux vidéo peuvent être utilisés dans le domaine de la formation et de la rééducations . Des chercheurs ont par exemple montré que dans le domaine de la chirurgie cœlioscopique, les médecins qui jouent aux jeux vidéo ont de meilleures performances que leurs collègues non-joueurs. Une autre équipe a montré que jouer pendant 40 heures à Medal of Honor : Pacific Assault est une aide utile dans le traitement de l’amblyopie comme le montre l’amélioration aux tests d’attention et de perception de la profondeur des 10 adultes traités de cette manière.

  • De vieilles connaissances et de nouvelles discussions

Si Bavelier a donné un renouveau à la recherche sur les effets positifs des jeux vidéo, ceux-ci avaient déjà été mis en évidence dès les années 1980. Ils ont été mis de côté et finalement oubliés du fait de l’avalanche d’études qui tentent d’associer les jeux vidéo avec la violence et l’addiction.

Deux éléments sont à verser dans la discussion. Tout d’abord, il est important de déterminer comment des aptitudes sont employées dans la vie de tous les jours. En effet une étude en laboratoire mesure des écarts avec une précision qui n’est peut-être pas utile dans le quotidien. Il est donc important de déterminer à partir de quel seuil un effet positif mesuré en laboratoire est véritablement utile (ou néfaste) dans la vie de tous les joueurs. Le second élément est que les apprentissages ne sont pas passifs. L’intentionnalité de la personne est à prendre en compte un joueur de FPS peut être motivé à être plus compétent dans l’identification et la poursuite visuelle de cibles sur son écran. Il est probable que des performances soient améliorées d’une manière plus importante qu’un autre joueur qui ne se préoccupe pas de cet aspect et qui joue pour le plaisir d’être avec des amis. Parmi, ceux qui sont intéressés par une amélioration de leurs compétences visuelles, seuls ceux qui reçoivent de bons conseils verront leurs performances augmenter. Il faut donc que des composantes personnelles (motivation), sociales (les conseillers et mentors) et environnementales (l’espace de jeu) interagissent favorablement pour qu’une compétence soit augmentée. 

  • Game over / Play again

D’une façon générale, les joueurs FPS ont de meilleures compétences motrices, des temps de réaction plus courts, une meilleure capacité de visualisation, une meilleure attention visuelle que les non-joueurs. Des études corrélationnelles et longitudinales montrent un effet positif suffisamment intéressant pour imaginer des applications dans le domaine de la formation et du soin. Il nous reste encore mieux comprendre les différences individuelles qui font qu’une personne augmente plus facilement ses compétences dans un FPS qu’une autre et dans quelles conditions les apprentissages faits avec les FPS sont transférés dans les autres activités de la personne.