Les écrans ont peu d’effets sur le sommeil des enfants

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Les écrans ont peu d’effets sur le sommeil des enfants
Yann Leroux
7 novembre 2018

Selon une étude menée a l’université d’Oxford, le temps passé auprès des écrans a un effet “très modeste” sur le sommeil des enfants.

L’utilisation des écrans par les enfants soulève de nombreuses inquiétudes. La recherche s’est longtemps cantonnée à la question de la violence et de l’addiction (avec des résultats mitigés) avant de s’intéresser a la situation des petits enfants. Dans ce domaine, les chercheurs ont tenté de comprendre quel était l’effet des écrans sur le sommeil des enfants. Cette question est d’importance car le sommeil joue un rôle fondamental dans le développement tant au niveau biologique que psychologique. Une bonne qualité de sommeil a été liée a des éléments comme l’augmentation de la concentration et de la productivité, de meilleures performances physiques, un meilleur métabolisme, de meilleures fonctions immunitaires ou encore de meilleures relations sociales

Les premiers résultats de recherche ont été alarmants puisque l’utilisation des écrans a été liée a une dégradation du sommeil tant au niveau de sa qualité que de sa quantité.

L’étude menée par Andrew Przybylski  publiée dans le Journal of Pediatrics amène des perspectives beaucoup moins alarmantes. Les chercheurs ont par exemple montré que chaque heure passée devant un écran était liée à quelques minutes de sommeil en moins (3-8 minutes, pour être précis) Le même effet est trouvé pour les adolescents. La différence entre la nuit de sommeil d’un adolescent qui utilise peu les écrans (8 heures 51 minutes) et celle d’un adolescent avide d’écrans (8 heures 21) reste faible. Concrètement, cela signifie que le fait qu’utiliser un écran ou pas a très peu d’impact sur la quantité de sommeil, et probablement sur sa qualité.

Pour les auteurs de l’étude, cela signifie que les variables déterminantes pour la durée et la qualité du sommeil sont ailleurs. Ils attirent l’attention que les routines d’endormissement sont un bien meilleur prédicteur du sommeil des enfants que l’utilisation des écrans.

L’étude de Andrew Przybylski est importante parce qu’elle apporte un point de vue différent de point de vue biologisant qui commençait à dominer la recherche. L’effet délétère des écrans sur le sommeil était en effet expliqué par l’impact de la lumière bleue sur l’hypophyse qui retardait alors le déclenchement de la mélatonine qui est responsable de l’endormissement. Cet effet a été mis en évidence de manière certaine par une expérience de laboratoire  Il n’est donc pas contestable. Mais ce mécanisme biologique ne peut expliquer a lui seul le sommeil qui dépend de nombreux autres facteurs. Les attentes de la culture sur le sommeil des enfants, les attitudes des parents, le sentiment de sécurité physique et psychologique, les routines de coucher sont des éléments qui modèlent profondément la quantité et la qualité de sommeil des enfants.

Si vous êtes confronté à un trouble du sommeil chez votre enfant, ces quelques conseils peuvent vous aider

  • préparez le moment du sommeil réservant en soirée des activités calmes.
  • un moment de lecture avant le coucher
  • ne réprimandez pas l’enfant lorsqu’il se lève ou qu’il vous appelle.
  • respectez les rituels du sommeil que l’enfant construit.
  • établissez des heures régulières de coucher
  • lorsque l’enfant se lève, rassurez le et ramenez-le dans son lit
  • les difficultés de sommeil sont un problème à résoudre et non le signe d’un mauvais caractère de l’enfant
  • Si le trouble dure plus d’une semaine, consultez un psychologue.

SOURCE

Przybylski, A. K. (2018). Digital Screen Time and Pediatric Sleep: Evidence from a Preregistered Cohort Study. The Journal of Pediatrics.

1 Commentaire

  1. François-Marie Caron

    Bonjour,
    La lumière bleue es le seul effet négatif physique démontré de l’écran, et encore écran proche. Probablement il n’est pas très important, votre étude semble le démontrer sur le temps de sommeil, mais sur sa qualité?
    . Par contre, la non déconnection nocturne est probablement plus délétère sur la qualité du sommeil. les études de l’association Morphée montrent le nombre de connexions nocturnes, et mêmes ce n’e’st pas la majorité, ceux qui mettent une alarme pour vérifier les réseaux sociaux en pleine nuit montre bien l’importance de la protection de notre sommeil (enfants et adultes). Quand tout va bien, probablement pas de problèmes. Mais en cas d’embrouille, voire de harcèlement… Mieux vaut anticiper, le portable dors dans la cuisine avec celui des parents….

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