Une géographie des mondes numériques

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Une géographie des mondes numériques
Yann Leroux
28 octobre 2018

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SI L’ON DEVAIT FAIRE UNE GÉOGRAPHIE IMAGINAIRE DES MONDES NUMÉRIQUES, il faudrait raconter comment ils ont émergé de l’océan primitif Arpanet, comment les digiborigènes ont créé des premier campements puis des villes qu’ils ont urbanisé. Il faudrait raconter comment on y trouve de grands fleuves qui charrient une quantité invraisemblable d’information chaque jour. Ces fleuves d’informations coulent de manière continue mais certains se forment soudainement pour disparaître quelques heures ou quelques jours plus tard de la même manière. Leur bourdonnement assourdissant fait que les digiborigènes ont pris l’habitude de les appeler des “buzz” Hypnotiques, ils captent toute l’attention de quiconque s’en approche d’un peu trop près. 

Alors que dans les mondes pré-numériques, l’information avait une certaine fixité, elle est totalement liquide dans les mondes numériques. Il est facile de la décomposer pour la recomposer autrement. Le remix est le régime banal de l’information numérique, ce qui rend difficile la différenciation entre l’actuel et le passé ou entre le vrai ou le faux. 

Certains mondes numériques ont disparu à jamais. Qui se souvient de Steel Canyon de City of Heroes ? Il suffit que les serveurs d’un monde soient mis hors ligne pour qu’ils deviennent inaccessibles. Parfois, certains intrépides se glissent dans un de ces mondes perdus. Le YouTubeur Vinesauce a ainsi posté une vidéo de son exploration de Active World, un monde autrefois prospère et abandonné depuis plusieurs décennies. Parce que certains de ces mondes sont pleins de créativité et de beauté, l’architecte Italien Mario Gerosa a rédigé une Convention pour la protection de l’héritage architectural. 

Dans les mondes numériques, des mondes entiers peuvent se vider en quelques jours. Tel a été le destin de Usenet qui est passé du statut de Rome des mondes numérique à celui peu envieux de répertoire de fichiers dont le téléchargement est plus ou moins légal. Du temps de sa splendeur, on allait sur Usenet pour se civiliser aux règles de la Netiquette. Toutes les routes numériques conduisent à Usenet car s’il se passait quelque chose d’intéressant dans un monde numérique, on en discutait sur Usenet et ce qui se passait sur Usenet était intéressant pour tous les habitants des mondes numériques. Mais USENET s’est vidé au profit du WWW. Les digiborigènes qui apprécient son côté austère et iconoclaste où sa passion de la netiquette l’ont abandonné pour les mêmes raisons. Pourquoi écrire lorsqu’il est possible de poster une image ? Après Rome, cela a été Las Vegas. Sur le www, les digiborigènes ont goûté à de nouvelles libertés. Ils se sont saoulés aux images et aux vidéos et aux commentaires. Ils se sont retrouvés sur des forums de discussion, puis ont établit des routes commerciales avec des installations plus lointaines appelées des “blogs”. Les blogs étaient alors de carnets de route des trappeurs numériques qui ramenaient d’une nature généreuse des ressources pour les forums. Certains 

Plus récemment, le monde des réseaux sociaux a émergé de la plate-forme du Web. Leur croissance a été aussi rapide que démesurée. Aujourd’hui, certains sommets dominent largement cette jeune chaîne de montagnes. Facebook, Twitter, SnapchatInstagram sont visibles ou que l’on soit dans les mondes numériques.

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