Avez-vous lu? LeBourgeois et al. (2017). Digital media and sleep in childhood and adolescence. Pediatrics, 140(Supplement 2), S92-S96.

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Avez-vous lu? LeBourgeois et al. (2017). Digital media and sleep in childhood and adolescence. Pediatrics, 140(Supplement 2), S92-S96.
Yann Leroux
10 janvier 2020

Les enfants sont particulièrement sensibles aux troubles du sommeil induits par les écrans, selon une revue de la littérature publiée dans le journal Pediatrics. La revue menée par Monique LeBourgois, conclut qu’une grande majorité des études fait le lien entre les troubles du sommeil et l’utilisation des écrans. Les chercheurs mettent en évidence que le retard à l’endormissement, la diminution du sommeil profond ou un quantité moindre de sommeil sont les principaux problèmes que les enfants rencontrent lorsqu’ils utilisent un écran avant de se coucher

L’article de Monique LeBOURGEOIS et ses collègues  résume les théories explicatives de l’effet des écrans sur le sommeil des jeunes. Sur le plan biologique, les enfants seraient plus sensibles à la lumière du fait que leurs yeux ne sont pas encore totalement développés. Lorsque la lumière frappe la rétine, elle déclenche une cascade d’événements qui ont pour principal effet d’inhiber la libération de l’hormone du sommeil. Les jeunes ayant des pupilles plus grandes, ils ont une exposition et une sensibilité plus grande à la lumière. La relation avec les écrans est montrée par une étude qui a comparé les niveaux de mélatonine chez les enfants et les adultes. Pour la même exposition, à la lumière les enfants produisent deux fois moins de mélatonine.

En dehors des effets physiologiques,  Monique LeBOURGEOIS et ses collègues expliquent l’effet anti-sommeil des écrans par le fait que l’utilisateur est sans cesse appelé à interagir. Qu’il s’agisse d’un jeu vidéo ou d’une discussion sur Discord, il y a toujours de nouvelles notifications auxquelles il faut répondre

Un sondage mené par Commonsens Media montre que l’utilisation des portables et des tablettes a triplé depuis 2011. Cela montre à quel point les écrans font partie du quotidien des enfants. Le fait que les troubles du sommeil de l’enfant n’aient pas augmenté dans la même proportion montre que les effets des écrans sont généralement bien tempérés par les mesures prises par les parents. Il reste que même si ces effets ne sont pas assez importants pour motiver une consultation, il est solidement établi qu’ils sont réels. 

La première mesure est de donner l’exemple. Si les parents sont accrochés à leurs écrans, il est peu probable que les enfants arrivent à s’en détacher. La présence des portables dans la chambre est beaucoup discutée. Pour certains cela règle le problème puisque l’enfant n’a plus à répondre aux sollicitations qui viennent des écrans. D’autres objectent que cela règle le problème à court terme mais avec l’inconvénient d’enlever à l’enfant la possibilité de mettre en place ses propres régulations. La bonne réponse doit prendre en compte l’âge de l’enfant et son mode de fonctionnement habituel car les positions éducatives ne peuvent pas être les même pour un jeune enfant et un adolescent. 

SOURCE

LeBourgeois, M. K., Hale, L., Chang, A. M., Akacem, L. D., Montgomery-Downs, H. E., & Buxton, O. M. (2017). Digital media and sleep in childhood and adolescence. Pediatrics, 140(Supplement 2), S92-S96.

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